Rubriques Pleins feux
Pour cette rubrique pleins feux, nous avons demandé aux membres de notre groupe consultatif de personnes neurodivergentes de nous parler des expériences positives qu'ils ont eues en matière de logement. Ils nous font part des personnes et des choses sur lesquelles ils comptaient pour les aider avec leur déménagement. Ils partagent également les choses qu’ils ont fait pour rendre leur logement mieux adapté à leurs besoins neuroinclusifs. Nous présentons les citations de notre comité consultatif en anglais, telles qu'elles nous ont été communiquées à l'origine.
Nous espérons que leurs expériences vous porteront à réfléchir sur le logement neuroinclusif et vous donneront de l'inspiration pour votre propre logement. Nous souhaitons également que cette rubrique influence votre rôle dans l'écosystème du logement.
La recherche et l'emménagement dans un logement est souvent une expérience difficile pour les personnes autistes et neurodivergentes. Par contre les membres du comité ont évoqué des expériences positives.
Un processus clair et transparent pour trouver un logement a été utile. Vu qu’il est de plus en plus difficile de trouver un logement adéquat, ce n’est pas toujours garanti.
Des règles claires et un espace réservé pour le camion de déménagement m’ont permis de maîtriser mon anxiété par rapport à la crainte de mal faire ou de provoquer la colère de mes nouveaux voisins. En plus, j’avais accès à un concierge pour poser des questions, ce qui était vraiment bien!
Rendre l'espace neuroinclusif
J’ai peint ma chambre d’une couleur de pêche éclatante, parce que c’est une couleur qui évoque pour moi la joie autiste.
J’ai placé du plastique à bulles dans les fenêtres pour réduire les pertes de chaleur, même quand j’oublie de fermer les rideaux le soir.
Quand j’ai réaménagé la cuisine, j’ai fait un inventaire des objets et un plan des tiroirs pour les ranger de la manière la plus efficace possible.
J’ai enlevé ma table de salle à manger et installé une barre de gymnastique, qui m’est plus utile.
J’ai une salle sensorielle désignée.
Il y a une balançoire sensorielle à chaque étage.
J’ai du ruban adhésif sur mon comptoir pour séparer les éléments des repas et les boîtes à lunch, pour m’assurer de faire des repas complets.
J’ai des étiquettes et des contenants dans mon réfrigérateur, les condiments dans les tiroirs et les aliments périssables dans la porte.
Il y a des outils visuels près de la porte d’entrée pour ne rien oublier.
Dans l’entrée, il y a des crochets au lieu de cintres. C’est moins difficile pour ce qui est des fonctions exécutives.
Il y a des gradateurs sur la plupart des lumières ou des sources d’éclairage alternatives.
Il y a des réserves d’objets sensoriels à chaque étage.
J’ai placé des paniers à linge à chaque étage pour que je puisse habiller mes enfants n’importe où, sans ajouter des étapes à la routine.
J’ai des couvertures chauffantes, un chauffe-serviettes et des coussins chauffants.
Les lampes sont connectées à mon téléphone, pour ne pas que j’aie à me lever à chaque fois.
J’ai des fournitures de bureau dans la cuisine, parce que j’aime travailler debout et c’est là qu’il y a le plus de lumière naturelle.
J’ai des tabourets sécurisés pour les enfants et nous mangeons au comptoir.
J’ai plusieurs calendriers et horaires pour le nettoyage, les événements, le garde-manger, la planification des repas, etc.
Mon habitat change et évolue en continu pour répondre à mes besoins et à ceux de mes enfants. Je pense que cette souplesse et cette possibilité d’adaptation le rendent neuroinclusif.
Choix d’un logement avec des portes pour réduire l’écho sonore.
Achat de tapis pour réduire le bruit venant des voisins du dessous.
Demande à des voisins d’utiliser du vinyle de haute densité pour réduire le bruit.Utilisation d’un générateur de bruit blanc.
Tentatives (et, la plupart du temps, échecs) de conversations avec les voisins à propos de la sensibilité, des impacts cognitifs et des besoins ou demandes en lien avec le bruit.
Avec le temps, utilisation de bouchons d’oreilles, de coquilles et d’écouteurs antibruit pour réduire ou éliminer les bruits externes.Création de lieux de rangement ouverts pour regrouper les objets et les trouver facilement, tout en les gardant rangés.
Je me suis approprié l’espace.
J’ai décoré, ajouté des choses douces, nettoyé à l’extrême, séparé l’espace pour créer des environnements désignés et sûrs pour nous deux.
Sur qui les membres s'appuient-ils pour rendre leur logement inclusif sur le plan neurologique ?
Les colocataires
La personne avec qui j’habite comprend mes besoins et nous avons négocié l’utilisation de l’espace physique et sonore, ainsi que la réduction du bruit. Cette entente est très importante pour moi.
C’est un privilège de vivre dans ce logement, avec une personne autiste qui comprend mes besoins de privauté et de réconfort. Nous sommes colocataires et notre espace est neuroinclusif parce que nous pouvons toujours nous consulter à propos de nos besoins d’accessibilité. Nous nous connaissons depuis longtemps, ce qui nous aide à collaborer.
Mes colocataires et partenaires ont pris part à des tentatives de conversations avec les voisins, et certaines personnes ont démontré de l’ouverture à respecter nos demandes à propos du bruit.
En tant que colocataires, nous parlons souvent de nos besoins, de nos espaces et des changements qui surviennent. C’est une conversation en continu qui évolue et se transforme avec les années.
Communauté
Propriétaire
Famille
Je compte sur mes parents, grâce à qui je peux maintenir une bonne qualité de vie, même quand la situation devient trop lourde, en m’aidant sans me juger.
Je compte beaucoup sur ma famille en tant que réseau de soutien formel, que ce soit en me rappelant de ranger les boyaux d’arrosage pour l’hiver, en m’aidant à prendre des décisions importantes, comme le renouvellement de mon hypothèque, ou en m’orientant vers des ressources. Sans ces liens, je n’aurais pas accès à une grande part de la collectivité et des moyens de soutien sociaux.
Mes parents et ma famille m’ont donné beaucoup d’aide pour apporter des changements à mon espace de vie. Quand j’avais une idée, l’une ou l’autre pouvait m’aider à y réfléchir pour la réaliser. Pour changer les plafonniers, par exemple. Ma mère fait des listes de ce qui doit être fait à chaque changement de saison. Faire ces listes et savoir ce qu’elles doivent contenir est une autre tâche, en plus des tâches qu’elles contiennent!
Partenaires
Mon partenaire m’a apporté beaucoup d’aide! En validant mes émotions, en m’offrant de la rétroaction à propos de stratégies que je pensais suivre, et parfois en défendant mes droits ou en servant d’intermédiaire quand je ne savais pas comment demander de l’aide.
Mon partenaire a beaucoup contribué pour m’aider à réaliser mes rêves. Quand j’avais une idée, il me disait si elle était réalisable, me parlait des aspects importants du point de vue de la construction ou s’occupait de planifier le travail et les ouvriers. Il m’a aussi donné la permission de laisser de côté les règles sociales pour que je puisse rendre mon chez-moi plus neuroinclusif, sans culpabilité et sans hésitation.
Réflexions pour l'avenir
Nous tenons à remercier Lisa, Sameer, Taylor et Trish, membres de notre groupe consultatif sur les neurodivergents, pour avoir partagé leurs points de vue et leurs expériences.
